Comment pratiquer régulièrement la méditation & autres questions ouvertes sur la méditation

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Mandala by Micklyn

Cet article est la partie 2 de l’article « La méditation, je m’y mets vraiment ? » 

Après avoir médité pendant 45 minutes, le leader de la méditation fait retentir un léger gong dans un bol en métal. Il prévient qu’il y a à présent 15 minutes de pause, appelée « mindful break », ou pause en toute conscience. Mon esprit sarcastique l’emporte, je me demande ce qu’est un « mindful break » : est-ce qu’on garde les yeux grand ouverts et on sourit d’un air illuminé à tout le monde, et à soi-même, tout en allant aux toilettes faire une pause pipi ? Je sors dans le couloir discuter avec la copine qui m’accompagne. Et puis après 15 minutes, on est de retour dans la salle de méditation, il n’y a plus de place sur les chaises disposées autour de la pièce : c’est rempli de monde, il y a une cinquantaine de personnes. Je me résous à m’asseoir au milieu, sur un coussin. Pas moyen de m’échapper : on nous demande de rester jusqu’au bout, sans sortir, et les prises de note ne sont pas autorisées. Ce soir-là, c’est une séance de questions/réponses sur la méditation en général – d’autres soirs, un thème particulier est développé. Je me suis concentrée pour écouter, sans prendre de notes donc, et voilà ce que j’ai retenu…

Rappel : méditer, ce n’est pas faire le vide en s’asseyant dans une posture rigide. Méditer, c’est rester dans l’instant présent, en étant assis, ou en marchant, ou en s’allongeant. On laisse filer ses pensées, on observe comment on se trouve/sent et ce qu’on éprouve dans une attitude sans jugement.

Quand on a mal au dos, comment peut-on méditer ?

La première question est terre-à-terre, j’aime ça. On a beau parlé des effets de la méditation, si rester assis fait mal, on n’ira pas bien loin. Il faut trouver une bonne posture : les jambes croisées, les jambes repliées sous soi, assis sur une chaise, ou sur un petit tabouret. Il faut aussi trouver une bonne position pour les mains, qui peuvent glisser le long des cuisses au fil des 45 minutes – ça peut générer de l’inconfort dans les épaules. La posture de méditation n’a pas à avoir l’apparence extérieure d’un gros Buddha les jambes croisées – pas grand monde ne peut rester comme ça pendant 45 minutes d’affilée. La bonne posture en méditation, c’est la posture qui nous convient. 

Quand une posture ne marche pas : il faut en changer ! Il ne s’agit pas de changer au moindre signe d’inconfort, et se mettre à gesticuler dès que quelque chose ne va pas. S’il y a inconfort, observer si c’est la posture pendant la méditation qui n’est pas la bonne et qui provoque la douleur, ou s’il y a une blessure qui était déjà là avant.
Le prof insiste sur la pratique de la compassion envers soi-même : la compassion est un sentiment naturel duquel on est déconnecté, c’est une gentillesse, une tendresse envers soi-même. Ne rien forcer, mais ne pas se laisser aller non plus.

Que faire de tous les jugements sur soi, qui émergent pendant qu’on médite ?

C’est là encore une forme de douleur qu’on s’inflige : est-ce qu’on veut rester dans cet état de jugement de soi ? C’est très facile de tomber dans le jugement sur soi : on est invité à le faire en permanence dans notre société, il faut avoir du recul sur soi, être critique. Mais si c’est utile dans certains cas, certains jugements sur soi sont dévastateurs.
Il y a une première façon « passive » de procéder pour se détacher de ces jugements sur soi : reconnaître qu’on se juge est la première étape. Et la seconde étape : déconstruire cette habitude de se juger.
Le prof a aussi eu cette réflexion intéressante : est-ce qu’on jugerait un ami proche comme on se juge soi-même ? Est-ce qu’on dirait à un ami : t’es super moche aujourd’hui, et franchement, t’es plutôt con avec tes réflexions débiles ? C’est risible tellement c’est grossier, et pourtant, je suppose que c’est arrivé à chacun de se dire en se regardant dans un miroir qu’on était moche et con, alors qu’on ne dirait pas, et même on ne penserait pas ça d’un ami proche ! Se traiter autrement, comme on traiterait un ami  = un bon truc pour laisser tomber les jugements sur soi.

Comment pratiquer régulièrement la méditation ?

Pourquoi est-ce si compliqué de se dire « je vais méditer tous les jours 10 minutes par jour » et de s’y tenir ? C’est un jeune homme qui a posé la question, et il avait l’air d’avoir vraiment tout essayé, depuis plusieurs années.

Quoiqu’on en dise, même le plus occupé des ministres peut trouver 10 minutes par jour – avant d’aller se coucher, en se levant le matin, dans les transports, etc. pour se dire : je coupe tout, je m’assieds, je médite. Et pourtant, on ne le fait pas (enfin, pas tous). On lit, on regarde la télé, on passe un coup de fil, on fait autre chose. On se dit que ce n’est pas si important que ça.

Le prof a alors dit « c’est important, je ne veux pas entrer dans les détails, croyez-moi, méditer est important, sinon on ne serait pas tous ici ce soir » Rires dans la salle, ok, on prend ça pour acquis : c’est important de méditer, c’est vrai que sinon on ne serait pas là.

Sa solution pour méditer régulièrement : la force du groupe. Revenir dans le centre de méditation toutes les semaines, suivre un workshop, faire partie d’une communauté ouverte qui propose des séances de méditation. J’adore ce point, car la méditation est une activité solitaire en apparence, mais qui, au final, montre qu’on est tous pareils, interconnectés. Utiliser la force du groupe pour se motiver à revenir, ça c’est cool.

Je suppose que je n’ai donc qu’à revenir la semaine suivante alors…

Je pratique le yoga depuis 2006. Promis, le yoga, ce n'est pas juste s'asseoir en tailleur et chantonner "om" en respirant de l'encens. Sur le blog de yoga, je parle des mes coups de coeur, mes sources d'inspiration et mes conseils pour dérouler son tapis et profiter des bienfaits du yoga dans la vie de tous les jours.

14 Commentaires

  • […] Comment pratiquer régulièrement la méditation & autres questions ouvertes sur la méditation …. Mandala by Micklyn Cet article est la partie 2 de l’article « La méditation, je m’y mets vraiment ? […]

  • Bonjour Mathilde,
    Merci pour ce partage. Il y a quelques années, j’étais incapable de rester plus de trois minutes assises sans bouger. Aujourd’hui, j’apprécie les bienfaits des concentrations-méditations.
    Il y a juste un truc qui me fait douter, c’est cette notion de « force du groupe ». Je suis plutôt solitaire de caractère donc je ne suis sûrement pas objective. Mais cette idée de s’appuyer sur un groupe pour se motiver, j’ai dur dur avec ça. Personnellement, ce qui m’a aidé à m’y mettre, c’est d’utiliser au début des audios puis de m’en détacher. Tu me diras que c’est quand même s’appuyer sur un truc extérieur pour commencer… Cette notion de solitude dans la pratique est très importante pour moi parce que c’est ce qui me permet de réellement dépasser les jugements dont tu parles. On ne peut plus se rassurer ou s’échapper en se disant que les autres sont dans le même cas que nous. Donc faire appel à un groupe, à un prof, à des conseils pour apprendre des bases ou pour se remotiver de temps en temps si on en a besoin (on est pas surhommes), ok mais pour le reste je préfère m’arrêter là.
    Bonne méditation à tous

    • Répondre janvier 7, 2015

      Mathilde

      Je précise un peu cette idée du groupe : la force d’un lieu de méditation, c’est de dire qu’on a un endroit où pratiquer et où discuter – ou simplement écouter des conférences, des discussions. C’est tellement enrichissant de partager cette expérience, des questions…
      On reste à la fois seul sur son coussin (et personne n’oblige quiconque à prendre la parole), et en même temps au milieu d’un groupe.
      C’est comme courir dans un running club, ça aide à se motiver, se dépasser, échanger sur des techniques 😉

  • « Se traiter autrement, comme on traiterait un ami = un bon truc pour laisser tomber les jugements sur soi. » Mais c’est tellement ça ! Je suis en train de lire un bouquin que l’on m’a conseillé, « Imparfaits Libres et Heureux : pratiques de l’estime de soi » et ça me fait penser à ça. On a touts du boulot à ce niveau je crois. 🙂

    Merci Mathilde pour ce partage sur la méditation! J’ai dit que j’allais m’y mettre plus sérieusement cette année, et pour le moment je m’y tiens! Le matin j’essaye de faire 10min de yoga, 5min de pranayama et 5min de méditation sur les conseils (encore!) d’une amie. C’est dur en ce moment de se lever mais ça vaut vraiment la peine! 🙂

  • Répondre janvier 7, 2015

    nathalie

    J’ai tenu à peu près 3 semaines, puis j’ai renoncé. Problème 1 : je m’endors rapidement, même assise (j’ai des problèmes de se sommeil depuis toujours et donc des accès de somnolence en situation trop calme) et après je ne me sens pas très bien. Problème 2 : l’idée qu’aucun « feedback » n’est possible me dérange vraiment. Comment savoir si j’ai vraiment « médité », un peu rêvé, pensé à ce que je pensais… ? je réfléchis à des trucs différents : une vague sensation d’engourdissement dans mes orteils, le rythme de mon souffle, mais est ce vraiment différent de penser à n’importe quoi d’autre (faire à dîner, les problèmes au boulot…) ? Problème 3 : j’ai une amie proche qui a fait une embolie pulmonaire et se concentrer sur la respiration est franchement angoissant certains jours : et si j’avais du mal à respirer soudainement, là ?

    Sinon bravo pour ce site, j’aime particulièrement les vidéos et j’espère qu’il y en aura bientôt d’autres !

    • Répondre janvier 7, 2015

      Mathilde

      Hello Nathalie,
      Merci pour ton témoignage. Tu as rencontré visiblement des obstacles, et c’est cool d’en parler, pourquoi as-tu commencé ? Il faut peut-être revenir à ta motivation de départ si ça t’intéresse de continuer – ou si tu as renoncé pour toujours.
      La méditation, on en parle à toutes les sauces, et on en attend beaucoup, mais finalement, il n’y a pas de miracle : la pratique prend du temps, et il n’y a pas d’effet incroyable d’un seul coup. Un des profs dit souvent : « vous êtes déjà en train de méditer, c’est tout ce que la méditation vous apportera ». Revoir ses attentes à la baisse..
      Quoiqu’on en dise, méditer c’est juste s’asseoir en étant présent, il n’y a pas d’effet/d’apparence hallucinante 😉 Je ne sais pas si je suis claire.
      Pour ton pt 2 : Méditer ce n’est pas penser à respirer plutôt que penser à sa liste de courses – dans les deux cas, on « pense » à quelque chose, mais d’être simplement dans une présence à soi – et ça c’est dur, on comprend mal ce que ça veut dire, il faut le vivre.
      Quant à savoir si tu as « bien fait » – encore un jugement 😉 – et bien le mieux serait de faire ça avec quelqu’un, d’en parler, ou alors de noter tes impressions après coup dans un carnet. D’où l’idée de faire partie d’un groupe, ou peut-être lire des choses à ce sujet.
      Enfin, pour les problèmes de santé dont tu parles, si tu as des doutes, consulte un médecin !
      A bientôt !

    • Bonjour Nathalie,
      Renoncer une fois ne veut pas dire renoncer pour toujours 🙂
      Peut-être que d’autres pratiques pourraient te « préparer » à ré essayer un jour la méditation. Par exemple, certains pranayamas nous laissent à la fin de l’exercice dans un état propice à la méditation. Il y a les concentrations aussi et les méditations guidées. Càd ce n’est pas proprement dit l’état méditatif, mais ça focalise l’attention sur des chose précises et qui ont un impact sur notre énergie. Pour ton problème 3, je connais exactement ce que tu dis. Les premières fois où j’ai vraiment prêté attention à mon souffle, j’avais peur que ma respiration s’arrête. J’avais le sentiment qu’à la fin de l’expir, rien ne pouvait jamais garantir que l’inspir allait redémarrer… ou que j’allais être désormais obligée de toujours y penser pour pouvoir inspirer…flippant… De nouveau le pranayama est d’une grande utilité. Non seulement on développe son souffle mais aussi on apprend à appréhender, se familiariser et puis à développer le non souffle (rétention à plein, à vide,…). En y allant très progressivement, je me rends compte à chaque étape que je franchis qu’il ne va rien m’arriver de grave … Ca peut paraître débile ou irrationnel mais ça donne confiance de le constater. Le mental est un cheval sauvage difficile à dompter, il faut se donner du temps, de la tolérance, plusieurs chances et si nécessaire plusieurs portes d’entrée pour y arriver.

  • Répondre janvier 14, 2015

    DorienYoga

    Merci pour le post, je m’y retrouve complètement! Les premières fois que je pratiqais la méditation je devais vraiment me forcer de ne pas laisser mon esprit aller libre cours et penser à toute sorte de chose qui m’occupait en ce moment. J’étais également très sceptique; j’avais mal au dos et après quelques minutes seulement je me sentais agitée et énervée… Maintenant j’ai vraiment appris à calmer l’esprit et à accepter la pose et je me sens vraiment détendue après 30 minutes de méditation. Je le fais chaque jour le matin et le soir et je ne pourrais plus faire sans cette heure par jour en silence complet…

  • Répondre février 26, 2015

    kalavera

    Bonsoir, je lis avec attention vos posts, je suis actuellement à la recherche de cours sur la meditation, il existe le zen proche de chez moi et sur Paris la méditation transcendental. Je lis tout sur cette methode. Elle coute assez chers, mais qu’en est il. Elle semble decrite comme la methode miracle, avez vous des retours sur cette methode. merci

    • Répondre février 26, 2015

      Mathilde

      Je pense qu’il n’y a jamais de miracle… mais une pratique dédiée. Je pratique la méditation en pleine conscience depuis quelques mois – en plus de ma pratique du yoga – puis-je vois un changement ? Sans doute, mais je pense qu’il ne faut pas méditer « dans le but de », vous voyez ce que je veux dire ?
      Il faut essayer en tout cas, mais avec le minimum d’attente, et observer ce qui se passe !
      Bonne pratique !

      • Répondre février 27, 2015

        kalavera

        Merci d’avoir pris le temps de me répondre. Bonne continuation

  • Répondre mars 3, 2015

    anne-cécile

    La méditation est souvent difficile pour ceux qui n’ont pas de méthode et qui ne savent pas par où commencer… Quelques conseils simples serviront à donner une direction à suivre. A trouver sur des sites ou auprès d’un maitre.

    Méditer ne doit pas vous coûter de l’argent… il existe des lieux où l’on peut méditer en groupe. Quelques techniques de base suffiront.

    Merci pour ton article clair et bref.
    Om Namah Sivaya

    • Répondre mars 14, 2015

      Mathilde

      Merci pour ton témoignage ! c’est vrai qu’avoir quelques indications quand on débute, et un groupe avec qui échanger, c’est une bonne façon de se mettre sur les rails de la méditation.

  • […] comme Insight Timer. À lire également ailleurs sur le web: Comment et pourquoi méditer, Comment pratiquer régulièrement la méditation et un guide de vidéos spécial […]

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