Faut-il être végétarien quand on fait du yoga ?

yogi et végétarien

Dans le cadre de la formation de yoga, j’ai suivi des cours de nutrition, pendant lesquels de nombreuses questions ont été posées : « Que manger avant un cours ? », « Peut-on boire du café ? », « Qu’est-ce qu’il faut manger ? « , « Est-ce que ça vaut le coup de manger bio ? », etc. Les réponses tournaient toutes autour d’un même principe : l’équilibre ! Retrouver l’intuition corporelle de bien manger, c’était le topo du jour. La question du végétarianisme a aussi été posée, et m’a particulièrement intéressée : pourquoi est-ce qu’être végétarien est souvent associé au yoga ? Doit-on devenir végétarien quand on fait du yoga ? Non, on ne DOIT pas, mais la question mérite tout de même d’être posée. Outre la notion d’équilibre, voici deux autres angles qui permettent de l’aborder : l’ayurveda et sa classification des aliments bénéfiques ou non, et le principe de non-violence.

Les trois gunas

Vous vous souvenez du cours d’ayurveda que j’avais suivi au début de la formation ? L’ayurveda se présente comme la science de la vie, c’est une alliée du yoga qui propose des exercices de bien-être et d’hygiène de vie en général, et du corps en particulier. Lors de cette journée d’ayurveda, on a cherché à identifier quel était notre “dosha”, autrement dit notre constitution physique de base, une sorte de qualité primordiale qui nous caractériserait. A ces qualités – ou “doshas” – se juxtaposent 3 “gunas”, des qualités présentes en toutes choses. Voici comment ces 3 gunas s’appliquent à l’alimentation, sujet qui nous intéresse ici :

GUNA

QUALITES

DANS L’ALIMENTATION

Sattva

Paisible, harmonieux, clair

Alimentation qui nourrit le corps de façon saine, et qui calme l’esprit  : les fruits et légumes frais, les céréales complètes, les graines germées, le miel, etc.
C’est tout ce qui est naturel et pas transformé, cuisiné sans être brûlé, ou mangé de préférence cru.

Rajas

en mouvement, stimulant, chaotique

Alimentation qui stimule le corps, agite le mental et le rende incontrôlable : les épices, les goûts trop forts,le café, le thé, les oeufs, le sel, le chocolat.
Manger vite est rajasique.

Tamas

lourd, sombre

Alimentation qui n’est ni bonne pour le corps, ni pour l’esprit, car elle rend lourd et inerte : c’est là qu’on retrouve la viande, mais aussi, les oignons, l’ail, tout ce qui est fermenté, trop mûrs, rassis. Trop manger est tamasique.

De façon générale, le but est d’augmenter “sattva”. Manger de façon sattvique, c’est-à-dire léger, frais et naturel, pour préparer le corps à la pratique du yoga : si on se contente d’aliments trop tamasiques – vins, pains, pâtes, le tout en grande quantité – le corps devient lourd, on a sommeil, et ce n’est pas l’idéal pour bouger ensuite.

Une interprétation d’Ahimsa, la non-violence

On peut choisir de ne pas manger de viande ni de poisson pour diverses raisons :

  • par goût, ou plutôt par dégoût. La viande, on trouve ça bof.
  • pour des raisons éthiques : parce qu’on trouve les conditions d’élevage et d’abattage des animaux cruelles et injustifiées, on peut faire le choix de ne plus consommer de viande – ou du moins d’en limiter la consommation. (lire à ce sujet le super livre de Jonathan Safran Foer, Faut-il manger des animaux).
  • des raisons morales, en suivant le principe de non-violence, ahimsa en sanskrit. C’est une autre façon d’expliquer pourquoi yoga et végétarianisme sont souvent associés. Ahimsa signifie non-violence, autrement dit le refus de la violence sous toutes ses formes, la plus évidente et radicale étant de ne pas tuer (même s’il y a plus derrière ce concept). En tant que yogini, si on applique Ahimsa, on ne va pas manger d’animaux.

Bilan : on arrête la viande ou pas ?

Tout est une question d’équilibre dans le yoga, alors adopter un principe radical d’interdiction totale me semble contradictoire. Plutôt que de m’interdire de manger de la viande, je préfère en  limiter la consommation, écouter ce dont j’ai vraiment envie… et honnêtement, je n’ai pas souvent envie de viande. Je trouve le poulet fade (et les horreurs qu’on raconte sur leur conditions d’élevage suffit à me rebuter), je ne suis pas fan d’agneau, le gibier me laisse de marbre. La seule chose à laquelle je n’ai pas envie de renoncer : le bœuf dans les burgers, la charcuterie et le poisson… Le changement, oui… mais pas total !

Si on veut changer d’alimentation – que ce soit par respect pour les animaux, pour perdre du poids, ou pour se sentir mieux dans son corps – il faut en avoir vraiment envie. Si c’est juste une privation de quelque chose qui nous plaît de toute façon, ça ne marchera sans doute jamais. En pratiquant le yoga régulièrement, en bougeant son corps, en apaisant le mental,  les changements physiques et émotionnels se font ressentir, presque naturellement. Après un cours de yoga, j’ai plus envie de manger léger que d’aller au Mac Do.

On nous a recommandé de lire ce livre : Nourishing Wisdom, par Marc Daniel, notamment le chapitre Whole Body Eating, sur l’importance de considérer l’alimentation comme une expérience à part entière, et pas juste quelque chose de machinal (je n’ai pas trouvé la traduction française du livre).

Est-ce que vous voyez des changements  dans votre alimentation depuis que vous pratiquez le yoga ?

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Je pratique le yoga depuis 2006. Promis, le yoga, ce n'est pas juste s'asseoir en tailleur et chantonner "om" en respirant de l'encens. Sur le blog de yoga, je parle des mes coups de coeur, mes sources d'inspiration et mes conseils pour dérouler son tapis et profiter des bienfaits du yoga dans la vie de tous les jours.

3 Commentaires

  • Répondre avril 21, 2013

    lamystinguette

    Salut Mathilde,
    Je ne pratique pas le yoga, même si je dois avouer que tes articles me donne bien envie d’essayer, mais la course à pieds (ma spécialité les semi marathons et les marathons). Il est indéniable que depuis que j’ai commencé à beaucoup courir j’ai changé mon alimentation. Plutôt adepte de la « malbouffe » avant, j’ai adopté une alimentation équilibrée et extrêmement légère. Je n’apprécie plus du tout les plats lourds!! Je pense que le corps n’a naturellement pas besoin d’une alimentation riche, c’est l’envie qui nous pousse à consommer en trop grande quantité et le manque de temps qui nous incite à ne pas prendre le temps de savourer ce que l’on mange et donc à manger n’importe quoi. Prendre soin de son corps en faisant de l’activité physique, telle quelle soit, amène forcément à se poser des questions sur son alimentation. Je pense que c’est encore plus vrai pour les disciplines de Bien Être comme le Yoga.
    Pour ma part, je viens d’adopter le régime végétarien depuis quelques mois pour de nombreuses raisons. considérant que la consommation de viande et de poissons n’est pas indispensable à notre santé, je préfère me nourrir de végétaux dont la production est beaucoup plus compatible avec les préoccupations écologiques, démographiques, de santé publique et éthiques. Le livre de Mr Foer explique très bien en quoi notre consommation de produits carnés est un problème que l’on ne doit plus ignoré. N’aimant pas particulièrement la viande, je n’ai aucun problème à concevoir queue n’en mangerai plus jamais ce qui est différent avec le poisson, et la je m’accorderas peut-être de rare exception si j’estime que le produit ne vient pas d’une chaîne de production digne de confiance.
    Bref, pour les personnes qui veulent prendre soin de leur Bien Être, il est indispensable de ne plus rendre automatique la consommation de viande, d’en refaire un plat de « fêtes » comme elle l’était il y a de ça quelques dizaine d’années. C’est le meilleur moyen de se sentir mieux et de lutter contre l’élevage industriel, qui ne produit pas de la viande de qualité.
    Il existe une très belle initiative conduite par Paul MacCartney, Meet Free Monday, et qui consiste a faire de tous les lundis des jours 100% végétariens! Avis donc aux nombreux yoginis non végétariens de participer à cette initiative pour le bien de tous!
    À bientôt,
    Mystinguett

    • Répondre mai 1, 2013

      Mathilde

      Coucou Mystinguett,
      Merci d’avoir pris le temps d’apporter ton témoignage, c’est super intéressant. J’avais vu sur Twitter que tu participais à cette initiative « Meat Free Monday », c’est super, ça fait des petits changements progressifs.
      A bientôt,

  • Salut Mathilde,

    Merci pour ce super article !
    J’ai particulièrement apprécié la mise en relation que tu fais entre végétarisme et ayurveda et végétarisme et yama/niyama, plus particulièrement avec ahimsa.

    Pour ma part, oui, je vois une différence dans mon alimentation depuis que je pratique et que j’enseigne le Yoga : j’ai de plus en plus envie de bien me nourrir, en toute conscience.

    Après une pratique de Yoga, je vais beaucoup plus spontanément vers une belle salade composée que vers une tartiflette ! Quoique je suis très gourmande donc parfois je me fais plaisir. Et justement, je pense que cette dimension est vraiment super importante !

    Voilà, je te dis à très vite,
    Claudia

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